Page:Dumas - Histoire d’un casse-noisette, 1844.djvu/179

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


perdre ses cheveux par un coup de soleil, et son œil par un coup de flèche, ce qui avait nécessité l’invention de l’affreux emplâtre, et l’invention de l’ingénieuse perruque de verre, dont nous avons parlé au commencement de cette histoire.

— Mais pourquoi ton oncle ne t’a-t-il pas secouru, pauvre Casse-Noisette ? se disait Marie en face de l’armoire vitrée, et tout en regardant son protégé, et en pensant que, du succès de la bataille, dépendait le désensorcellement du pauvre petit bonhomme, et son élévation au rang de roi du royaume des poupées, si prêtes, du reste, à subir cette domination, que, pendant tout le combat, Marie se le rappelait, les poupées avaient obéi à Casse-Noisette comme des soldats à un général ; et cette insouciance du parrain Drosselmayer faisait d’autant plus de peine à Marie, qu’elle était certaine que ces poupées, auxquelles, dans son imagination, elle prêtait le mouvement et la vie, vivaient et remuaient réellement.