Page:Dumas - Histoire d’un casse-noisette, 1844.djvu/99

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ponse aucune flatterie ; car, effectivement, depuis la création du monde, il n’était pas né un plus bel enfant que la princesse Pirlipate. Sa petite figure semblait tissue de délicats flocons de soie, roses comme les roses, et blancs comme les lis. Ses yeux étaient du plus étincelant azur, et rien n’était plus charmant que de voir les fils d’or de sa chevelure se réunir en boucles mignonnes, brillantes et frisées sur ses épaules, blanches comme l’albâtre. Ajoutez à cela que Pirlipate avait apporté, en venant au monde, deux rangées de petites dents, ou plutôt de véritables perles, avec lesquelles, deux heures après sa naissance, elle mordit si vigoureusement le doigt du grand chancelier, qui, ayant la vue basse, avait voulu la regarder de trop près, que, quoiqu’il appartînt à l’école des stoïques, il s’écria, disent les uns :

— Ah, diantre !

Tandis que d’autres soutiennent, en l’honneur de la philosophie, qu’il dit seulement :