Page:Dumas - La Princesse Flora (1871).djvu/202

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dix ans ; mais aussi voyez comme la mer enfle le sien ! Quelle gloutonne ! un vrai Falstaff, prêt à avaler le globe, nous compris, sans poivre ni jus de citron ! Écoutez-la mugir, avec sa gueule béante ! Non, attends, chienne de mer, nous ne sommes point encore assez pêcheurs pour mériter de faire connaissance avec ton estomac. Ne faudrait-il pas, capitaine, nous livrer davantage au vent, afin de pouvoir être loin des côtes lorsque viendra la nuit ?

— Non, Nil-Paulovitch, nous n’entrerons dans l’Océan qu’après avoir doublé le cap Lizard, afin que, partis de plus haut, nous puissions être poussés loin de l’orageuse baie de Biscaye jusqu’au cap. Il faut donc tenir la parallèle du rivage.

— Pourvu que les vagues ne nous lancent point contre les brisants… Un roc de pierre est un mauvais voisin pour un flanc de bois.

— Il me semble, Nil-Paulovitch, que je n’ai pas encore dépassé le méridien de la vie, au delà duquel la poltronnerie est glorifiée du titre de prudence.

— La prudence est préférable aux remords, capitaine !