Page:Dumas - La Princesse Flora (1871).djvu/206

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


sépulcre de bois dévoré par l’incendie. Alors, oh ! alors, on croit à l’esprit du mal, au règne d’Arimane, à la puissance de l’ange des ténèbres ! on sent son souffle mortel, on voit briller ses yeux cruels, on entend près de soi bruire son rire infernal !

De plus en plus sombre se faisait la mer, de plus en plus sombres devenaient les pensées de Pravdine.

Sa respiration était pénible, comme si les vagues de plomb l’oppressaient, comme si la main gigantesque du destin s’était appesantie sur sa poitrine. Il suivait de l’œil le vol des mouettes, qui, les unes après les autres, s’éloignaient de la frégate, et, avec des cris plaintifs, disparaissaient dans les nuages brumeux.

— Avec vous, pensa Pravdine, s’envolent mes dernières joies, et, lorsque l’Angleterre, cette coquille qui renferme la perle de mon âme, aura disparu à mes yeux, ne ferai-je pas aussi bien d’enterrer mon âme dans l’Océan ?… Quand le hasard nous réunira-t-il ? Où puis-je la rencontrer ? Et, en attendant, moi, pauvre vagabond, je resterai au-dessus de l’abîme, seul, tout seul ! Tout seul ! combien ces