Page:Dumas - La Princesse Flora (1871).djvu/218

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mon enchanteresse !… Sais-tu, ajouta-t-il plus bas, que tu dois plus que jamais me respecter, m’aider, m’admirer ?… Sais-tu que je suis à cette heure plus riche que Rothschild, plus puissant qu’un roi d’Angleterre, car je puis faire mourir à ma fantaisie une centaine d’hommes pour prix de chacun de tes baisers… Ce ne seront point des ennemis que je sacrifierai, cela est trop vulgaire… non, je te le dis, ce sont des amis, des frères, pour lesquels j’eusse naguère répandu jusqu’à la dernière goutte de mon sang, et dont aujourd’hui je répandrais les cendres au vent !

La princesse écoutait en tremblant ces mots incohérents, ne pouvant en saisir le sens.

— Tu m’épouvantes, Élie, dit-elle ; Élie, tu me fais mourir de frayeur !

— Mourir !… Qui parle de mourir ? C’est maintenant qu’il faut vivre, car l’amour seul est la vie. Flora, fit-il en étreignant la jeune femme, tu es belle comme la vie, mais tu es aussi divine comme la mort, car tu fais tout oublier, car tu renfermes en toi le paradis et l’enfer. Te souvient-il de ma promesse