Page:Dumas - La Princesse Flora (1871).djvu/48

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

on le prie de changer d’ancre, et il change de gilet ; quand il regarde à travers son binocle, il lui semble qu’une galiote hollandaise passe, en robe jaune ; quand un grain s’abat sur le bâtiment et que les agrès craquent, il se met à rire. Nous rions, et il soupire ; nous buvons, et il regarde dans son verre, comme s’il cherchait sa bonne aventure dans du marc de café.

— C’est une manie, alors, Nil‑Paulovitch, une vraie manie. Aussi sûr que l’hippopotame, de peur de l’apoplexie, se saigne lui-même avec un roseau, et que le chien se purge avec du chiendent, je vous répète que c’est une manie.

— Appelle la chose comme tu voudras, Flogistn ; mais, ni notre capitaine, ni nous-mêmes ne nous en trouverons mieux ; et pourtant, à quoi peut conduire une si folle passion ? Elle ne saurait l’aimer, puisqu’elle est mariée ; et, si un jour elle l’aime, alors c’est bien pis encore ! Si elle ne l’aime pas, il en mourra étique. Mais si, ce dont Dieu nous préserve ! elle l’aime, il se perdra ; c’est un homme qui ne sait rien faire ni rien sentir à moitié : – je puis dire cela,