Page:Dumas - La Princesse Flora (1871).djvu/58

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— Tu vis encore, tu es sauvé, mon ami, mon frère ! cria le bon Nil‑Paulovitch en étouffant le capitaine entre ses bras.

Mais, tout à coup, il se rappela l’infériorité de son grade et son devoir d’obéissance. Il fit deux pas en arrière et commença son rapport sur l’état du bâtiment et sur les manœuvres qu’il avait exécutées.

Il y avait un côté étrange et curieux dans cette scène. En regardant en ce moment, vous eussiez dit cette grande vérité : « Voici à la fois un excellent homme et un brave marin. » Et vous eussiez ajouté que cet homme était à la fois incapable de trahir un noble sentiment et de manquer à son service.

— Je te remercie de tout mon cœur, mon cher Nil ; je vous remercie tous, messieurs, dit le capitaine aux officiers. Je pourrais dormir tranquillement si vous pouviez conduire le vent et la mer comme vous conduisez votre quart ; j’ai vu la tempête et j’ai voulu partager le danger avec vous. Je puis donner des nouvelles du temps, attendu que j’arrive de là où vos regards n’ont pas pu atteindre ; la rafale