Page:Dumas - Le Meneur de loups (1868).djvu/186

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de mal à ce maroufle ; car, enfin, c’est parce qu’il m’a si traîtreusement déconfit et si vilainement accommodé que j’ai trouvé cette occasion de m’introduire ici que je cherchais depuis si longtemps ; c’est parce qu’il m’a porté ce bienheureux coup de pierre que je me suis évanoui ; c’est parce que vous m’avez vu évanoui que vous avez appelé votre mari ; c’est parce que votre mari m’a trouvé sans connaissance sous vos fenêtres et a cru que j’avais été mis dans ce piteux état par des malfaiteurs, qu’il m’a fait transporter chez lui ; enfin, c’est parce que vous avez été émue de pitié de ce que j’avais souffert pour vous, que vous avez bien voulu me permettre de venir ici ; donc, c’est ce gredin, ce pleutre, ce maroufle, qui est pour moi la source de tout bien, puisque tout bien est pour moi dans votre amour ; ce qui n’empêche pas que, s’il se présente jamais à la portée de ma houssine, le drôle passera un mauvais quart d’heure.

– Ventre-gai ! murmura Thibault, il paraît que, cette fois encore, mon souhait a profité à un autre ! Ah ! loup noir, mon ami, je suis à l’école ! mais, mordienne ! je réfléchirai tant désormais avant de souhaiter, que l’écolier deviendra maître… Mais, continua Thibault s’interrogeant lui-même, à qui donc peut appartenir cette voix que je connais ? Car je la connais, cette voix-là, il n’y a pas à dire !

– Vous seriez encore bien plus courroucé contre le pauvre diable, monseigneur, si je vous avouais une chose.

– Laquelle, ma mie ?

– C’est que le drôle, comme vous l’appelez, me fait la cour.

– Ouais !

– C’est comme cela, monseigneur, dit en riant dame Suzanne.