Page:Dumas - Le Meneur de loups (1868).djvu/275

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


lumières et ces hurlements qui le suivent !… Entendez-vous, amis ? cria Thibault, ces messieurs demandent qui vous êtes. Répondez-leur tous ensemble, afin qu’ils n’aient plus aucun doute.

Les loups, obéissant à la voix de leur maître, poussèrent un hurlement unanime et prolongé. Le souffle des chevaux devint bruyant ; deux ou trois se cabrèrent. Les gendarmes firent ce qu’ils purent pour calmer leurs montures en les flattant de la main et de la voix.

– Oh ! dit Thibault, ce n’est rien ; il faudra voir cela tout à l’heure, quand chaque cheval aura deux loups en croupe et un à la gorge !

Les loups passèrent sous les jambes des chevaux et vinrent caresser Thibault.

L’un d’eux se dressa contre sa poitrine comme pour lui demander ses ordres.

– Tout à l’heure, tout à l’heure, dit Thibault ; nous avons le temps ; ne soyons pas égoïstes et donnons aux camarades le loisir d’arriver.

Les gendarmes n’étaient plus maîtres de leurs chevaux, qui se cabraient, faisaient des écarts, et, tout en marchant au pas, se couvraient de sueur et d’écume.

– N’est-ce pas, dit Thibault aux gendarmes, que vous feriez bien maintenant une affaire avec moi ? Ce serait de me rendre la liberté, à la condition que chacun de vous couchera cette nuit dans son lit.

– Au pas, dit un des gendarmes ; tant que nous marcherons au pas, nous n’avons rien à craindre.

Un autre tira son sabre.

Au bout de quelques secondes, on entendit un hurlement de douleur.

Un des loups avait saisi le gendarme à la botte, et celui-ci l’avait traversé d’outre en outre avec son sabre.

– Ah ! dit Thibault, voilà ce que j’appelle une im-