Page:Dumas - Le Meneur de loups (1868).djvu/296

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Vez qu’un mari n’est bon à rien, pas même à rassurer sa femme.

– Tu as raison, Étienne ; mais, moi qui tout à l’heure ai eu le courage de traverser ces grands vilains bois, je ne sais pourquoi, maintenant que je devrais être rassurée puisque tu es près de moi, je ne sais pourquoi je tremble de peur.

– Que t’est-il donc arrivé ? Voyons, dis-moi cela, fit Étienne en donnant un baiser à sa femme.

Agnelette raconta alors à son mari comment, en revenant de Vez à Préciamont, elle avait été attaquée par un loup, comme Thibault l’avait arrachée à ses griffes, et ce qui s’était passé entre elle et ce dernier.

Engoulevent écouta avec la plus grande attention.

– Écoute, dit-il à Agnelette, je vais te conduire à la maison, je t’y renfermerai bien soigneusement avec la grand-mère pour qu’il ne t’arrive point malheur ; puis je monterai à cheval et j’irai prévenir le seigneur Jean de l’endroit où se tient Thibault.

– Oh ! non, non ! s’écria Agnelette, tu serais obligé de traverser la forêt, et il pourrait y avoir du danger.

– Je ferai un détour, dit Étienne, et, au lieu de passer par la forêt, j’irai par les fonds de Coyolles et de Value.

Agnelette poussa un soupir et secoua la tête, mais elle n’insista pas davantage. Elle savait que sur ce point elle n’obtiendrait rien d’Engoulevent, et, d’ailleurs, elle se réservait de renouveler ses prières une fois rentrée à la maison.

Et, en effet, ce que comptait faire le jeune piqueur était tout simplement l’accomplissement d’un devoir.

Une battue formidable devait avoir lieu le lendemain, justement dans la partie de la forêt opposée à celle où Agnelette venait de rencontrer Thibault.

Il était du devoir d’Étienne d’aller sans retard pré-