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PIERRE ET AMÉLIE.

dépassait celle d’Amélie ; un sang pur et fort colorait son teint brun, une douceur extrême se peignait dans ses yeux et sur son front, qu’ombrageaient les boucles d’une chevelure d’ébène ; sa bouche d’une attitude grave ne paraissait sourire que pour Amélie, pour Amélie, qui était la moitié de son cœur, pour Amélie qu’il aimait plus que lui même ; jamais les échos du vallon ne répétaient les sons doucereux de sa flûte, si elle n’était à ses côtés pour l’encourager d’un geste, d’un regard, et l’accompagner de sa voix fine et vibrante.

Ces jeunes créatures voyait s’écouler au milieu de leurs bons parents des jours de bonheur et de sécurité. Ni le désir des vaines richesses, ni l’envie, ni l’avarice, qui ronge et dévore sans cesse l’âme de ses vils et misérables courtisans ne troublaient jamais cette heureuse famille. Le mensonge et la médisance étaient bannis de leur conversation ; la vérité, que ne peuvent abattre, ni les forces de la puissance, ni l’or des égoïstes, la vérité seule sortait de leur bouche. Servir Dieu, vivre en paix avec ses ennemis et secourir les malheureux étaient leur unique devise.

Le dimanche, sitôt que la fontaine brillait des mille couleurs de l’arc-en-ciel sous les feux horizontaux du soleil levant et que l’hirondelle, en gazouillant, rasait d’une aile rapide, son nid glaiseux sous la fenêtre du chaume, Pierre et Amélie ajustaient leurs habits commodes, propres, mais sans luxe, et s’acheminaient avec Léopold et Clothilde vers l’Église de Québec pour y entendre l’office divin. Qu’il faisait beau de voir ces