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PIERRE ET AMÉLIE.

elle porte ses pas au loin sur la colline et crois marcher vers l’habitation ; elle s’égare enfin.

Le temps était calme, l’atmosphère lourde et embrasée ; des montagnes de nuages s’avançaient de tous les points de l’horizon, et couraient sur la surface du ciel ; de brillants éclairs illuminaient leurs flancs ténébreux, et le sourd roulement du tonnerre se perdait dans le lointain.

Pierre, réveillé par le bruit de la foudre, se lève avec précipitation, et, rongé d’inquiétude, il s’approche du lit d’Amélie ; Amélie, dit-il, réveille-toi, le tonnerre gronde, n’entends-tu pas craquer notre cabane sous les efforts du vent ; (le vent s’était élevé), je crois à une tempête très prochaine ; lève-toi pour prier Dieu ? mais tu ne me réponds pas ; où es-tu ? les éclairs blanchissent ton lit, et je ne te vois pas ; Amélie, Amélie, où es-tu, criait-il avec anxiété en parcourant les appartements. Léopold et Clothilde se lèvent, éveillés par ces cris, et courent de tous côtés chercher la retraite de leur fille.

Pour Pierre, il s’était élancé hors de la cabane en criant, et appelant Amélie de toute la force de ses poumons ; il courait depuis longtemps sur la colline ; ses pieds étaient ensanglantés par les ronces et les pierres de la route, il allait succomber de fatigue quand, soudain, il croit entendre les faibles sons d’une voix humaine ; il appelle, on lui répond, alors, oubliant ses douleurs, plus agile qu’un cerf, il s’élance du côté il avait entendu la voix, quelle fut sa joie quand il aperçut Amélie ! les deux amants tombent dans les bras, l’un de l’autre, et