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PIERRE ET AMÉLIE.

au milieu du jour ; tu me passeras ta main, ton doigt recevra l’anneau des éternelles amours, et les anges donneront le signal de notre union ; nous entendrons des musiques dans l’air, notre bocage inclinera sa cime onduleuse, et les oiseaux feront ouïr l’harmonie de leurs chants. C’est alors, Ô ma tendre Amélie, que tu seras à moi ; en vain, ces traîtres, ces féroces ennemis de notre patrie, voudraient t’arracher à mon amitié, ils n’emporteront un cheveu de ta tête, avant que je n’aie rendu la vie à tes pieds !… Ces dernières paroles firent pâlir Amélie ; relevant avec précipitation sa tête du sein de son ami, Pierre, dit-elle, d’une voix tremblante, Pierre, les Iroquois ont-ils fait une irruption dans le pays ? hélas ! je m’en doutais ; depuis plusieurs jours j’entends des cris dans la forêt, et je vois de toutes parts s’élever la flamme des incendies ; Pierre, Pierre, je tremble pour tes jours.

— Amélie ma bonne Amélie, répondit Pierre ne te laisse pas séduire par une vaine crainte ; rappelle-toi de cette nuit que nous avons passée dans l’endroit le plus sauvage de notre colline, exposés à toute la fureur des éléments ; ne sommes-nous pas encore pleins de vie. Oh ! dissipe ces alarmes, je t’en prie ; tiens, donne-moi ton bras et allons nous asseoir dans notre cabane ; nos parents nous attendent sans doute pour le souper ; ce propos ramena la gaieté sur le front d’Amélie et elle suivit Pierre sans résistance.

Cependant le père Garnier, (c’était le nom du missionnaire qui devait marier Pierre et Amélie) qui devait