Page:Durkheim - Qui a voulu la guerre ?.djvu/45

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pourquoi on prit le parti d’ajourner les mesures déjà décidées et d’attendre[1].


Nouvelle proposition pacifique de la Russie, repoussée par l’Allemagne. — Mais cet incident offrit à M. Sazonoff une nouvelle occasion de montrer la sincérité de ses intentions pacifiques.

Au cours de sa seconde visite au Ministère des Affaires étrangères, M. de Pourtalès avait répété une fois de plus que la promesse faite par l’Autriche de ne pas porter atteinte au territoire serbe devait suffire à la Russie. « Ce n’est pas seulement l’intégrité territoriale de la Serbie que nous devons sauvegarder, répondit M. Sazonoff, c’est encore son indépendance et sa souveraineté. » Puis il ajouta : « L’heure est trop grave pour que je ne vous déclare pas toute ma pensée. En intervenant à Pétersbourg, tandis qu’elle refuse d’intervenir à Vienne, l’Allemagne ne cherche qu’à gagner du temps afin de permettre à l’Autriche d’écraser le petit royaume serbe avant que la Russie n’ait pu le secourir. Mais l’Empereur Nicolas a un tel désir de conjurer la guerre que je vais vous faire en son nom une dernière proposition : Si l’Autriche, reconnaissant que son conflit avec la Serbie a assumé le caractère d’une question d’intérêt européen, se déclare prête à éliminer de son ultimatum les clauses qui portent atteinte à la souveraineté de la Serbie, la Russie s’engage à cesser toutes mesures militaires »[2].

Le comte de Pourtalès promit de transmettre cette proposition auprès de son gouvernement. Mais le même jour, M. de Jagow, mis au courant, la déclarait inacceptable pour l’Autriche[3], sans même avoir consulté cette dernière.

En résumé, il y a, à cette période, un contraste marqué

  1. Dans le Livre Blanc allemand, comme dans la Préface, il n’y a pas trace de cet ultimatum ni des événements dont il est connexe.
  2. L. J., n° 103, L. O., n° 60.
  3. L. O., n° 63, L. J., N° 107. — Dans le Livre Blanc, il n’y a pas trace de cette nouvelle tentative de conciliation.