Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/181

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cette pompeuse allure militaire qui les caractérise, le long du grand promenoir commun qui fait le tour de la cité. Bref, de quelque façon qu’on envisage la chose, rien n’est plus surprenant que le sens de réflexion manifesté par ces êtres emplumés, et rien, à coup sûr, n’est mieux fait pour provoquer la méditation dans toute intelligence humaine bien ordonnée.

Le matin même de notre arrivée à Christmas Harbour, le second, — M. Patterson, — fit amener les embarcations, pour se mettre à la recherche du veau marin (bien que la saison fût peu avancée), et laissa le capitaine, avec un jeune parent à lui, sur un point du rivage à l’ouest, ces messieurs ayant probablement à faire, à l’intérieur de l’île, quelque chose dont je n’ai pu être instruit. Le capitaine Guy emporta avec lui une bouteille, dans laquelle était une lettre cachetée, et se dirigea de l’endroit où il mit pied à terre vers un des pics les plus élevés du pays. Il est présumable qu’il avait l’intention de déposer la lettre sur cette hauteur pour quelque navire qu’il savait devoir aborder après lui. Aussitôt que nous l’eûmes perdu de vue (car Peters et moi, nous étions dans le canot du second), nous commençâmes à explorer la côte, à la recherche du veau marin. Nous employâmes environ trois semaines à cette besogne, examinant avec un soin minutieux tous les coins et recoins, non-seulement à la terre de Kerguelen, mais aussi dans quelques petites îles voisines. Cependant nos travaux ne furent pas couronnés d’un succès bien notable. Nous vîmes beaucoup de phoques à fourrure, mais ils étaient extrêmement soupçonneux, et, en nous donnant un mal in-