Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/218

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avait des canards qui ne différaient pas beaucoup du canvass-back ou anas valisneria de notre pays, des boubies noires, et un gros oiseau qui ressemblait assez au busard, mais qui n’était pas carnivore. Le poisson semblait en grande abondance. Nous vîmes, pendant notre excursion, une quantité considérable de saumons secs, de morues, de dauphins bleus, de maquereaux, de tautogs, de raies, de congres, d’éléphants de mer, de mulets, de soles, de scares ou perroquets de mer, de leather-jackets, de rougets, de merluches, de carrelets, de paracutas, et une foule d’autres espèces. Nous remarquâmes qu’elles ressemblaient, pour la plupart, à celles qu’on trouve dans les parages de l’archipel de Lord Auckland, à 51° de latitude sud. La tortue Galapago était aussi très-abondante. Nous ne vîmes que très-peu d’animaux sauvages, aucun de grosses proportions, aucun non plus qui nous fût connu. Un ou deux serpents d’un aspect formidable traversèrent notre chemin, mais les naturels n’y firent pas grande attention, et nous en conclûmes qu’ils n’étaient pas venimeux.

Comme nous approchions du village avec Too-wit et sa bande, une immense populace se précipita à notre rencontre, poussant de grands cris parmi lesquels nous distinguions les éternels Anamoo-moo ! et Lama-Lama ! Nous fûmes très-étonnés de voir que ces nouveaux arrivants étaient, à une ou deux exceptions près, entièrement nus, les peaux à fourrure n’étant à l’usage que des hommes des canots. Toutes les armes du pays semblaient aussi en la possession de ces derniers, car nous n’en voyions pas une seule entre les mains des habitants du village.