Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/235

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de nous persuader mutuellement que tout irait pour le mieux. Ayant grimpé par-dessus un banc de décombres qui obstruait notre passage dans la direction de la lumière, nous eûmes moins de peine à avancer, et nous éprouvâmes aussi quelque soulagement à l’excessive oppression qui torturait nos poumons. Il nous fut bientôt possible de distinguer les objets autour de nous, et nous découvrîmes que nous étions presque à l’extrémité de la partie de la fissure qui s’étendait en ligne droite, c’est-à-dire à l’endroit où elle faisait un coude sur la gauche. Encore quelques efforts, et nous atteignions le coude, où nous aperçûmes, avec une joie inexprimable, une longue cicatrice ou lézarde qui s’étendait à une vaste distance vers la région supérieure, faisant généralement un angle de quarante-cinq degrés environ, mais quelquefois beaucoup plus ardue. Notre œil ne pouvait pas parcourir toute l’étendue de cette ouverture ; mais la lumière y descendant en quantité suffisante, nous avions presque la certitude (si toutefois nous pouvions grimper jusqu’au sommet) de trouver en haut un passage débouchant en plein air.

Je me souvins alors que nous étions trois qui avions quitté la gorge principale pour entrer dans cette fissure, et que notre camarade Allen n’était pas encore retrouvé ; nous résolûmes donc de revenir sur nos pas et de le chercher. Après une longue perquisition, qui était d’ailleurs pleine de dangers à cause de la masse de terre supérieure qui s’effondrait sur nous, Peters me cria enfin qu’il venait d’empoigner l’un des pieds de notre camarade, et que tout son corps était si profondément