Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/85

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assez considérables à travers l’arrimage. Près de l’ouverture pratiquée par Auguste dans la cloison du gaillard d’avant, il y aurait eu assez de place pour une barrique tout entière, et c’est dans cet endroit que je me trouvai pour le moment assez commodément installé.

Pendant le temps que mon camarade avait mis à regagner son cadre et à rajuster ses menottes et sa corde, le jour avait complètement paru. Vraiment, nous l’avions échappé belle ; car à peine avait-il fini tous ses arrangements que le second descendit avec Dirk Peters et le coq. Ils parlèrent quelques minutes du navire faisant voile du cap Vert, et ils semblaient extrêmement impatients de le voir paraître. À la fin, le coq s’avança vers la couchette d’Auguste et s’assit au chevet. Je pouvais tout voir et tout entendre de ma niche, car la planche enlevée n’avait pas été remise à sa place, et je craignais à chaque instant que le nègre ne tombât contre la vareuse suspendue pour cacher l’ouverture, auquel cas tout était découvert, et nous étions tous les deux sacrifiés, indubitablement. Notre bonne étoile cependant l’emporta, et bien qu’il touchât souvent le vêtement dans les coups de roulis, il ne s’y appuya jamais assez pour découvrir la chose. Le bas de la vareuse avait été soigneusement fixé à la cloison, de sorte qu’elle ne pouvait pas osciller et révéler ainsi l’existence du trou. Pendant tout ce temps, Tigre était au pied du lit, et semblait avoir recouvré en partie la santé, car je pouvais le voir de temps en temps ouvrir les yeux et tirer longuement sa respiration.

Au bout de quelques minutes, le second et le coq remontèrent, laissant derrière eux Dirk Peters, qui revint