Page:Eliot - Middlemarch, volume 1.djvu/119

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pour remplacer le chant des oiseaux et des yeux bleus en guise de ciel.

Rosemonde Vincy avait un goût parfait en matière de toilette ; elle possédait cette taille de nymphe et ce teint des blondes qui permettent une très grande variété de choix dans la coupe et la couleur des étoffes. On la regardait comme la fleur de la pension de mistress Lemon, la première pension du comté, où l’instruction comprenait tout ce qui peut former une femme accomplie dans toutes les branches, voire même la manière de monter en voiture et d’en descendre.

Mistress Lemon, elle-même, avait toujours proposé miss Vincy en exemple ; pas une élève, disait-elle, ne surpassait cette jeune personne comme qualités d’esprit et facilité de conversation ; et quant à son exécution au piano, elle était tout à fait hors ligne. Nous ne pouvons empêcher les gens de parler de nous comme ils l’entendent. Mais il suffisait de la seule apparition de Rosemonde pour dissiper toutes les préventions qu’eussent pu faire concevoir contre elle mistress Lemon et ses louanges.

Il était impossible que Lydgate demeurât plus longtemps à Middlemarch sans apercevoir cette vision charmante et sans faire la connaissance de la famille Vincy ; car, bien que M. Peacock, dont il avait acheté la clientèle, n’eût pas été leur médecin, il avait beaucoup de malades parmi leurs parents et leurs amis. Quelle personnalité importante de Middlemarch n’était pas apparentée ou liée avec les Vincy ?

Ces Vincy étaient d’anciens manufacturiers, à la tête d’une bonne et grande maison depuis trois générations, pendant lesquelles il s’était fait, naturellement, plusieurs mariages entre eux et leurs voisins plus ou moins distingués. La sœur de M. Vincy avait fait un riche mariage en acceptant M. Bulstrode qui, étranger il la ville et d’origine peu