Page:Eliot - Middlemarch, volume 1.djvu/484

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— Oh ! oh ! je suis un brave homme, n’est-ce pas ? Merci, monsieur, merci, dit Dagley avec une ironie bruyante et grossière qui fit quitter sa place et dresser les oreilles à Fag, le chien de troupeau ; mais, voyant Monk entrer dans la cour après avoir erré quelque temps au dehors, Fag se rassit dans une attitude d’observation. Je suis heureux d’apprendre que je suis un brave homme.

M. Brooke fit la réflexion que c’était jour de marché et que son digne tenancier avait probablement dîné, mais il ne vit pas de raison pour ne pas continuer.

— Votre petit Jacob a été surpris tuant un levraut, Dagley ; j’ai dit à Johnson de l’enfermer pendant une heure ou deux dans l’étable vide ; juste assez pour lui faire peur. Mais on le ramènera tout à l’heure à la maison avant la nuit ; seulement vous veillerez un peu à sa conduite, n’est-ce pas ? et vous lui ferez une réprimande, vous savez.

— Je n’en ferai rien. Que je meure si je vais l’étriller pour vous plaire, à vous ou à n’importe qui, même quand vous seriez vingt landlords au lieu d’un seul, et que mon garçon fût un mauvais gars !

Les paroles de Dagley firent assez de bruit pour attirer sa femme à la porte de l’arrière-cuisine, la seule entrée dont on se servît, toujours ouverte par tous les temps.

— C’est bien, c’est bien, je parlerai à votre femme, je ne pensais pas à le battre, dit M. Brooke avec douceur en se dirigeant vers la maison. Mais Dagley, d’autant plus obstiné à avoir « son dire » avec un gentleman qui le fuyait, s’empressa de le suivre, tandis que Fag se traînait sur ses talons et repoussait avec mauvaise humeur les avances probablement charitables de Monk.

— Comment allez-vous, mistress Dagley ? dit M. Brooke avec quelque précipitation. Je suis venu vous parler de votre garçon ; je ne vous demande pas de lui donner du bâton, vous savez.