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[VII.] DICTIONNAIRE UNIVERSEL ET RAIS. D’AGRICULTURE ;

par M. l’Abbé TESSIER, Docteur-Régent de la Faculté de Médecine de Paris, & de la Société royale de Médecine, quant à l’Agriculture proprement-dite, ou la culture des terres ; par M. THOUIN, Jardinier en chef du Jardin du Roi, quant au jardinage ou la culture des jardins & vergers ; & par M. Fougeroux de Bondaroy, de l’Académie Royale des Sciences, quant à la culture des bois & à l’aménagement des forêts, deux volumes in-4°.

L’utilité reconnue de l’Agriculture lui donne un rang distingué dans les Arts & dans les Sciences physiques. On peut la diviser en trois branches principales.

La première est l’Agriculture proprement dite, ou la culture des terres.

La seconde est le Jardinage ou la culture des jardins & vergers.

La troisième, qui embrasse tout ce qui a rapport aux arbres & arbustes élevés dans des forêts, est la culture des bois.

Toutes ces parties importantes ont été traitées très-superficiellement dans l’Encyclopédie ; on y trouve quelques excellens préceptes, mais peu d’applications.

Elle ne présente aux Agriculteurs que la moitié des choses qu’ils espéroient y rencontrer. On ne les présente que d’une manière confuse. Les coopérateurs n’ayant point déterminé les bornes respectives dans lesquelles ils devoient se renfermer, on y trouve des omissions sans nombre, des redites non moins considérables, qui, en augmentant l’ouvrage, ne le rendent que plus défectueux. Nous allons indiquer la marche que nous avons cru devoir suivre pour remédier à ces imperfections.

L’Agriculture proprement dite exige préliminairement des détails sur ce qui doit servir à l’exploitation d’une ferme ou métairie ; tels sont les ustensiles du labourage, l’éducation & la conservation du gros & du petit bétail, en y comprenant les haras, les granges & greniers propres à contenir les grains & les fourrages, les différens engrais, le gibier, la volaille, les abeilles ; ce qui forme une partie de la maison rustique.

La culture des terres ne doit point être la même pour toutes sortes de productions On peut donc la considérer & la décrire sous trois rapports ; 1°. relativement aux grains qui fournissent à l’homme son principal aliment ; 2. relativement aux végétaux qui servent à nourrir les bestiaux ; 3°. relativement aux espèces de plantes qui sont cultivées en grand pour être employées dans les Arts, ou dont l’usage que les hommes en peuvent faire, n’est point de première nécessité. Ces rapports établissent trois classes.

Dans la première se trouvent le seigle, le froment, l’orge, l’épeautre, l’avoine, le maïs, le riz, le millet, les pois, les fèves, les haricots, les pommes de terre, les topinambours, &c.

La seconde comprend les prairies naturelles & artificielles ; les unes sont formées en grande partie d’un mélange des plantes de la famille des graminées, & placées dans des terreins humides ; les autres, qu’on peut faire dans des terreins de diverse nature, ne sont le plus ordinairement composées que d’un même genre de plantes, qui ne sont point de la famille des graminées, par exemple, de luzerne, de trefle, de sainfoin, de sauve, de pimprenelle, &c.

Dans la troisième classe sont renfermés le colsa, la navette, le lin, le chanvre, le coton, l’indigo, la garence, le houblon, le safran, la canne à sucre, &c.

Dans l’Encyclopédie méthodique on traitera d’une manière générale, & aux mots les plus convenables, des façons qu’on doit donner aux terres selon leur nature & les plantes qu’elles portent, des engrais propres à chacune, du temps & de la manière de semer & de planter, de la préparation des semences & plants, des phénomènes de la végétation, des maladies & des circonstances qui lui nuisent, des moyens de s’y opposer lorsqu’on le peut ; des récoltes & de la conservation de leurs produits. Les principes généraux seront rappelés & appliqués aux différens cas avec les modifications convenables, en y ajoutant les cultures particulières que chaque espèce de plantes exige.

Sans entrer dans tous les détails de la construction, nous nous contenterons d’indiquer ce qu’on doit y trouver réuni pour favoriser une bonne exploitation. L’Art vétérinaire, qui fait partie du Dictionnaire de Médecine, s’occupera des maladies des bestiaux élevés & entretenus dans la ferme, & le commerce se chargera des denrées qui seront le produit de la culture des terres. C’est en se renfermant ainsi dans des bornes fixées, que chaque coopérateur à l’Encyclopédie méthodique pourra simplifier son travail, & éviter des doubles emplois, qu’on a reprochés au Dictionnaire Encyclopédique.

L’on adoptera les mots latins du Dictionnaire


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