Page:Eugène Le Roy - Jacquou le Croquant.djvu/170

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rideaux, laissait voir les coteaux au loin et éclairait mal la chambre.

Tout cela sentait la simplicité campagnarde, l’indifférence pour le bien-être intérieur, le mépris des choses matérielles.

Cependant le curé revint avec un paquet de linge sous le bras et m’emmena.

En passant dans la cuisine, la Fantille, voyant le paquet, hocha la tête :

— Vous savez que bientôt vous n’en aurez plus pour vous changer !

— Bah ! fit le curé sans s’émouvoir, il y a encore des chènevières dans la commune, et puis des fileuses… sans compter que Séguin, le tisserand, ne demande qu’à travailler.

Et nous sortîmes, tandis que la Fantille disait :

— Oui, oui, riez, et puis quand vous n’aurez plus de chemises…

Je n’entendis pas la fin.

Au milieu d’une petite ruette passant entre des jardins, et aboutissant à des vignes encloses de murailles basses d’où sortaient des pousses de figuiers, le curé ouvrit une porte ronde, et nous nous trouvâmes dans une cour fermée par une écurie, des volaillères, un fournil et de grands murs. Au fond, une vieille maison terminée d’un côté par un pavillon à un étage avec un toit très haut.

Dans la cour, une chambrière donnait du grain à la poulaille et aux pigeons.