Page:Eugène Le Roy - Jacquou le Croquant.djvu/197

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


matin et, des fois, il était neuf heures le soir, lorsqu’on avait fini de rentrer le foin ou les gerbes si la pluie menaçait. Tout cela était coupé par les dimanches et quelques fêtes chômées comme la Noël, Notre-Dame d’Août et la Toussaint.

À propos de cette dernière fête, qui tombe la vigile du jour des Morts, il y avait dans certaines maisons, et non des pires, un usage ancien assez curieux :

Le soir on soupait en famille, et, pendant le repas, on s’entretenait des parents défunts, de leurs qualités, de leurs vertus, même de leurs défauts ; et ce qu’il y avait de plus étrange, on buvait à leur santé en trinquant. Ce souper devait être composé de neuf plats, comme soupe, bouilli, fricassée, daube, saugrenade, tourtière, fricandeau, etc.

Le repas fini, on laissait sur la table les viandes et tout ce qui restait de chaque plat pour le souper des anciens, morts, et on rapportait du pain et du vin lorsqu’il n’y en avait pas assez.

Après ça, on faisait un beau feu et on rangeait les chaises en demi-cercle autour du foyer. Puis on se retirait pour laisser la place aux défunts, après avoir récité des prières à leur intention.

Le curé Bonal disait bien que tout cela sentait fort la superstition ; mais en raison des prières et de l’intention pieuse, il fermait un peu les yeux.

Outre toutes ces fêtes, il y avait notre vote ou