Page:Eugène Le Roy - Jacquou le Croquant.djvu/241

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ôte notre curé, je ne mets plus les pieds à l’église !

— C’est ça ! c’est ça ! Ni nous non plus !

— Et si on nous en envoie un autre, il dira sa messe tout seul !


Un chien est fort sur son palier,
Un coq sur son fumier.

Tout le monde applaudit, et, la chose bien convenue, le chevalier m’expédia à Montignac chercher maître Boyer, ou un autre à son défaut.

À trois heures, le notaire était là, et sur la place, noire de monde, à l’ombre du vieux ormeau où l’on avait porté une table, il commença à instrumenter en écrivant son préambule. Puis tous les gens de la paroisse, hommes et femmes, le chevalier en tête, défilèrent devant lui, et, après avoir couché sur son acte leurs noms et surnoms, il continua ainsi :

— « Lesquels, adressant respectueusement mais fermement la parole à monseigneur l’évêque de Périgueux, tout comme s’il était présent, lui ont dit et remontré que, depuis le rétablissement du culte catholique, le sieur curé Bonal a donné dans cette paroisse l’exemple de toutes les vertus ; qu’il l’a édifiée par sa vraie et sincère piété ; qu’il a été, depuis bientôt trente ans, la providence des pauvres, et le père et l’ami de ses paroissiens, en sorte que tous, vieux et jeunes, pauvres et riches, désirent ardemment le con-