Page:Evariste Huc - Empire chinois ed 5 vol 2.djvu/237

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brûlez pas du papier en l’honneur de Fô, et si vous ne déposez pas des offrandes sur ses autels, il sera mécontent de vous et fera tomber son jugement sur vos tètes. Votre dieu Fô est donc un misérable. Prenons pour exemple le magistrat de votre district : quand vous n’iriez jamais le complimenter et lui faire la cour, si vous êtes honnêtes gens et appliqués à votre devoir, il n’en fera pas moins d’attention à vous ; mais, si vous transgressez la loi, si vous commettez des violences, et si vous usurpez les droits des autres, vous aurez beau prendre mille voies pour le flatter, il sera toujours mécontent de vous.

La religion chrétienne n’est pas épargnée par le commentateur de l’empereur Khang-hi, qui fut très-favorable aux missionnaires, mais qui ne vit jamais en eux, quoi qu’on en ait dit, que des savants et des artistes dont il pouvait tirer parti pour le bien de l’État. Le passage suivant de son successeur Young-tching en est une preuve : — La secte du Seigneur du ciel[1] elle-même, dit-il, cette secte qui parle sans cesse du ciel, de la terre, et d’êtres sans ombre et sans substance, cette religion est aussi corrompue et pervertie. Mais, parce que les Européens qui l’enseignent savent l’astronomie et sont versés dans les mathématiques, le gouvernement les emploie pour corriger le calendrier ; cela ne veut pas dire que leur religion soit bonne, et vous ne devez nullement croire à ce qu’ils vous disent.

Un semblable enseignement, venu de si haut, ne pouvait manquer de porter ses fruits. Toute créance aux

  1. C’est ainsi qu’on désigne, en Chine, la religion chrétienne.