Page:Fabre - Chroniques, 1877.djvu/123

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À PROPOS DE FUNÉRAILLES.


Québec, 30 novembre 1866.


C’est le mois des souvenirs tristes, le mois où l’on songe aux jours désolés et aux pertes irréparables. Quoique la Chronique soit, par nature, tenue d’aborder toute chose, le sourire aux lèvres, il faut bien qu’ici, un instant, elle oublie sa gaîté et s’incline, pensive, devant ses propres souvenirs. Et qui n’a pas les siens, amers et cruels ! Des figures que nous avons vues d’abord dans la vie, combien sont disparues et passent, voilées, dans notre mémoire ? Père bien-aimé, grand’mère joyeuse, amis fidèles, camarades des jeunes années, que d’êtres chéris ont quitté notre bras pour prendre, « seuls, la route funèbre ? Souvent nous les revoyons tels qu’ils étaient, à leur place accoutumée : le père laissant voir sur sa figure, attendrie par nos légers chagrins d’enfance, toute l’affection qu’il nous portait ; la grand’mère emplissant nos poches de bonbons, en chantant un refrain politique d’autrefois : les camarades, à la sortie du collège, lorsqu’ensemble nous nous