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LES DÉMÉNAGEMENTS.


Québec, 10 mai 1866.


Il y a eu cette année, à Québec, encore plus de déménagements que d’ordinaire. Une foule de gens qui avaient poliment cédé leurs maisons aux employés publics, sont rentrés dans leurs foyers ; ils ont revu les murs où se sont écoulées leurs jeunes années et qui leur ont rapporté de si bons loyers depuis cinq ou six ans. Par moment, dans les premiers jours du mois, on se serait cru à l’automne dernier, sur le chemin d’Ottawa. Cette série de déménagements avait l’air d’un second transport de capitale. Il y avait assez de meubles dans les rues pour garnir une petite ville.

On voyait circuler d’antiques ménages, qui ne sont sortis qu’une fois ou deux depuis leur fondation, et qui portent la trace poudreuse d’une existence trop sédentaire. Des meubles plus frais apprenaient à leurs dépens ce qu’il en coûte de monter en voiture et gagnaient à ce métier des infirmités dont ils se sentiront toujours.