Page:Fabre - Souvenirs entomologiques, première série, 1916.djvu/175

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qu’à saisir sa proie par une patte. Ainsi cet émule des Flourens, qui tantôt nous effrayait de sa science lorsqu’il comprimait le cerveau pour obtenir la léthargie, est d’une incroyable ineptie pour le fait le plus simple en dehors de ses habitudes. Lui qui sait si bien atteindre de son dard les ganglions thoraciques d’une victime, et de ses mandibules les ganglions cervicaux ; lui qui fait une différence si judicieuse entre une piqûre empoisonnée abolissant pour toujours l’influence vitale des nerfs et une compression n’amenant qu’une torpeur momentanée, ne sait plus saisir sa proie par ici s’il est dans l’impossibilité de la saisir par là. Prendre une patte au lieu d’une antenne est pour lui insurmontable difficulté d’entendement. Il lui faut l’antenne ou un autre filament de la tête, un palpe. Faute de ces cordons, sa race périrait, inhabile à résoudre l’insignifiante difficulté.

Deuxième expérience. – L’Hyménoptère est occupé à clore son terrier, où la proie est emmagasinée et la ponte faite. Avec les tarses antérieurs, il balaie à reculons le devant de sa porte et lance dans l’entrée du logis un jet de poussière, qui lui passe sous le ventre et jaillit en arrière en un filet parabolique, aussi continu qu’un filet liquide, tant est vive la prestesse du balayeur. Le Sphex, de temps à autre, choisit avec les mandibules quelques grains de sable, moellons de résistance qu’il intercale un à un dans la masse poudreuse. Le tout, pour faire corps, est cogné avec le front, tassé à coups de mandibules. La porte d’entrée rapidement disparaît, murée par cette maçonnerie. J’interviens au milieu du travail. Le Sphex écarté, je déblaie soigneusement avec la lame d’un couteau la courte galerie, j’enlève les matériaux de clôture et rétablis en plein la communication de la cellule avec l’extérieur. Puis, avec des pinces, sans détériorer l’édifice, je retire de la cellule l’Éphippigère, disposée la tête au fond, l’ovis-