Page:Farrere - Mademoiselle Dax.djvu/162

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III


M. Barrier ne vint pas dîner avenue de Noailles ce soir-là ni le lendemain. Mais le troisième jour, M. Dax l’amena déjeuner, par une dérogation sensationnelle aux us et coutumes. Ils entrèrent bras dessus bras dessous : tout était arrangé.

On avait « partagé la différence » : M. Barrier se contentait de deux cent mille francs payés comptant, et, pour le surplus, d’une reconnaissance de commandite. M. Dax, de son côté, consentait à servir l’intérêt de cette commandite au taux de cinq et demi.

Une heure durant, des hors-d’œuvre au dessert, ils ne parlèrent point d’autre chose, s’appesantissant à l’envi sur chacune des clauses de cette mirifique convention. Tous deux faisaient d’ailleurs grand étalage de leur bonne volonté réciproque, en même temps que d’une cordialité toute neuve et, cette fois, définitive. Au fond, ils s’estimaient réciproquement de s’être tenu tête et ne songeaient pas une seconde à se garder rancune des quelques mots vifs qu’ils s’étaient, trois jours plus tôt, jetés à la tête.

Comme on pelait les poires, M. Dax, tout à coup, lança, comme un bouquet d’artifice, la surprise qu’il gardait en réserve : libéral et généreux, il fixait la date du mariage :