Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/347

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» Les brahmanes récitent sur le nouveau-né cette multitude de prières, que les Védas ont fixées pour la cérémonie de la naissance des enfants. Écoute-les de ma bouche, quoique tu ne les ignores pas : 3049.

« Tu es né de chacun de mes membres, tu es sorti de mon cœur : tu es appelé mon fils : vis cent années ! 3050.

» C'est de toi-même que dépend ma vie perpétuelle, impérissable : vis donc pour moi, vis cent automnes, mon fils, parfaitement heureux ! 3051.

» Le voilà, celui, qui est né de tes membres, nouvel homme sorti de l’homme ancien ! Vois dans ton fils un second toi-même, comme si tu voyais ton image dans un limpide bassin. 3052.

» Tel qu’il faut emprunter le feu du sacrifice au feu perpétuel entretenu dans la maison, tel ce fils procède de toi. Tu étais simple, te voici double ! » 3053.

» Jadis courant çà et là, sire, dans un jour de chasse, entraîné par les gazelles, tu m’as rencontrée, jeune fille, dans l’hermitage de mon père. 3054.

» Ourvaçî, Poûrvatchitti, Sahadjanyâ et Ménakâ, Viçvâtchi et Ghritâtchî, ces nymphes sont les six plus grandes Apsaras. 3055.

» Entre elles, c’est l’Apsara Ménakâ, qui est la plus belle des filles de Brahma. Elle conçut un enfant de Viçvamitra, quand, déchu des cieux, il retomba sur la terre.

» Ménakâ me donna le jour sur un plateau de l’Himâlaya, et, m’ayant abandonnée, moi, sa fille, la nymphe s’en alla, comme une vile courtisane. 3050-3057.

» Quel péché ai-je donc commis dans une vie précédente pour que j’aie mérité d’être abandonnée dans mon enfance par mes parents, aujourd’hui par toi ? 3058.