Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/397

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Les castes, celle des brahmes à leur tête, parlèrent en ces termes au souverain, qui avait envie de sacrer Poûrou, le plus jeune de ses fils : 3517-3518.

« Comment ! Au mépris d’Yadou, qui est l’aîné, seigneur, le fils de Dévayânî et le petit-fils de Çoukra, tu veux donner le royaume à Poûrou ! 3519.

» Yadou est né ton premier fils ; après lui, vint Tourvasou ; ensuite Douhyou, fils de Çarmishthâ ; puis Anou ; en dernier lieu, Poûrou. 3520.

» Quel droit le plus jeune, passant par-dessus les aînés, a-t-il pour obtenir le royaume ? Nous te donnons cet avis : ne sors pas de la loi. » 3521.

« Que les castes, celle des brahmes à leur tête, répondit Yayâti, écoutent mes paroles. Ce n’est pas au droit d’aînesse que le royaume appartient ici en aucune manière.

» Yadou, mon fils aîné, n’a point obéi à mon ordre. L’enfant, qui est hostile à son père, n’est pas un fils, suivant l’opinion des gens de bien. 3522-3523.

» Celui-là, qui est convenable, bon, docile aux paroles de son père et de sa mère, est vraiment un fils. Il est un fils, celui, qui se conduit en père à l’égard de son père et de sa mère. 3524.

» J’ai été méprisé par Yadou, je l’ai été par Tourvasou lui-même : ce Douhyou à son tour ne m’a pas moins prodigué le mépris. 3525.

» Mais Poûrou exécuta, il honora ma parole, il a porté sur lui ma vieillesse : c’est donc à lui, quoique le plus jeune, qu’est dû mon héritage. 3526.

» Poûrou a satisfait mon désir avec les formes d’un ami. D’ailleurs, Çoukra-Ouçanas, petit-fils de Kavi, m’a lui-même accordé cette grâce : 3527.