Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/525

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mée Bhadrâ, fille de Kâkshîvat, éminemment estimée et sans égale en beauté sur la terre. 4695.

» Ces deux époux avaient l’un pour l’autre un mutuel amour, dit la tradition ; mais au milieu de l’amour, dont il brûlait pour elle, Vyoushitâçva fut pris d’une consomption pulmonaire. 4696.

» Au bout d’un temps, qui ne fut pas long, il descendit au tombeau, comme le soleil au mont Asta, et son trépas, monarque des hommes, plongea son épouse dans un profond chagrin. 4697.

» Bhadrâ, qui n’avait pas d’enfants, se lamenta, tigre des hommes, consumée de la plus violente douleur. Écoute, sire, sa plaintive élégie : 4698.

« Ô toi, à qui les plus hauts devoirs sont connus, disait Bhadrâ, vivre dans la douleur, ce n’est plus vivre pour toute épouse veuve, qui vit, séparée de son époux ! 4699.

» La mort, chef des kshatryas, est le meilleur état pour la femme, qui n’a plus d’époux ! Je désire marcher dans ta route : je t’en supplie, emmène-moi ! 4700.

» Abandonnée par toi, je n’ai pas la force de vivre un seul instant même : fais-moi grâce, sire ! Emmène-moi d’ici promptement ! 4701.

» Je te suivrai par derrière, monarque des hommes, dans les plaines ou dans les montagnes, toi, qui voyages aux lieux, d’où il n’est point de retour. 4702.

» Te suivant comme ton ombre et toujours soumise à ta volonté, sire, je ferai continuellement, tigre des hommes, mon plaisir de ton bien ! 4703.

» Désormais, sire aux yeux de lotus bleu, infortunée sans toi ! je serai la proie des peines, qui dessèchent le cœur ! 4704.