Page:Faucher de Saint-Maurice - Promenades dans le golfe Saint-Laurent, 1886.djvu/165

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
163
LE GOLFE SAINT-LAURENT.

le cap, à l’aide d’une corde, et aidés du chien de terreneuve de Cassidy qui saisissait un à un les naufragés dans le ressac. ils purent opérer leur sauvetage, et arracher à une mort certaine trente et une personnes. L’année suivante, le 18 juin, une seconde tempête vint fondre sur l’archipel. Ces ravages ne furent pas aussi considérables que la première, et pendant les quatre jours qu’elle dura, elle ne put mettre à la côte que deux goëlettes, et balayer la plupart des filets et des engins de pêche qui étaient à la mer.

Ce fut le 28 juin 1534 que Jacques-Cartier reconnut les îles de la Madeleine, que deux jours auparavant il avait prises pour la terre ferme. « Nous allâmes, dit-il, le long des dites terres environ dix lieues, jusqu’à un Cap de terre rouge qui est roide et coupé comme du roc, dans lequel on voit un entre-deux qui est vers le Nord, et est un pays fort bas, et y a aussi comme une petite plaine entre la mer et un étang, et de ce Cap de terre et étang jusques à un autre Cap qui paraissait, y a environ quatorze lieues, et la terre se fait en façon d’un demi-cercle tout environné de sablon comme une fosse, sur laquelle l’on voit des marais et étangs aussi loin que se peut étendre l’œil. Et avant que d’arriver au premier Cap, l’on trouve deux petites îles assez près de terre. À cinq lieues du second Cap il y a une île vers Surouest qui est très haute et pointue, laquelle fut nommée Alezay, et le premier Cap fut appelé de Saint-Pierre, parce que nous y arrivâmes au jour et fête du dit saint. »

Plus tard, en mentionnant ce groupe, Champlain frappé sans doute par l’aspect singulier qu’offraient ces îles reliées entre elles par d’im-