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Page:Faure - Encyclopédie anarchiste, tome 2.djvu/78

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ENF
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En se plaçant au point de vue de la croissance, Claparède établit les divisions suivantes :

1. Première enfance · · · · jusqu’à 7 ans jusqu’à 6-7 ans

2. Seconde enfance · · · · · de 7 à 12 — de 7 à 10 —

3. Adolescence · · · · · · · de 12 à 15 — de 10 à 13 —

4. Puberté · · · · · · · · · · de 15 à 16 — de 13 à 14 —

Au point de vue des intérêts le même auteur établit un plus grand nombre de divisions :

0 à 1 an ; 1 an à 3 ans ; 3 à 7 ans ; 7 à 12 ans ; 12 à 18 ans, etc…

Au même point de vue Nagy propose la division suivante : 0 à 2 ans ; 2 à 7 ans ; 7 à 10 ans ; 10 à 15 ans ; après 15 ans.

Halle a proposé trois divisions qui comportent d’ailleurs des subdivisions : 0 à 7 ans ; 7 à 15 ans ; 15 à 25 ans, etc…

Le Dr Bertillon divise la vie humaine en 17 périodes dont quatre pour la vie intra-utérine ; dans sa classification la première enfance, divisée en trois périodes, prend fin vers 7 ans.

Lacassagne propose : 0 à 7 mois ; 7 mois à 2 ans ; 2 ans à 7 ans ; 7 à 15 ans ; 15 à 20 ans. Verrier donne la division : 0 à 7 ans ; 7 à 14 ans ; 14 à 21 ans ; Sringer : 0 à 2 ans ; 2 ans à la puberté (10 à 12 ans) ; etc… Cruchet : 0 à 2 ans ; 2 à 7 ans ; 7 à 14 ans. La division de Luckey est plus intéressante :

1er Cycle : Enfance

1o de la naissance à 2 à 3 ans : stade affectif.

2o de 2 à 3 ans à 7 à 8 ans : stade volitif.

3o de 8 ans à 12-13 ans : stade intellectuel.

2e Cycle : Adolescence

1o de 13-14 à 16 ans : stade effectif (nouvelle naissance, nouvelle croissance physique entraînant de nouveaux désirs, etc.) ;

2o de 16 à 18 ans : stade volitif ;

3o de 10 à 25 ans : stade intellectuel.

Ferrière propose une division semblable à celle que Claparède établit au point de vue de la croissance mais il subdivise cette division en se plaçant au point de vue de l’évolution des intérêts.

Si nous négligeons les différences que présentent ces classifications pour nous attacher aux ressemblances nous constatons que tous distinguent nettement l’enfance de l’adolescence, que presque tous placent dans l’enfance un point de division vers 7 ans et enfin qu’une autre subdivision vers 2 à 3 ans est proposée par la plupart.

En l’un des plus récents ouvrages consacrés à « La psychologie de l’enfant et de l’adolescent » le Dr Vermeylen propose la division suivante :

Première enfance : de 0 à 3 ans.

Deuxième enfance : de 3 à 7 ans.

Troisième enfance : de 7 à 12 ans.

Adolescence : de 12 à 18 ans.

Pour la commodité de notre étude nous adopterons cette division, en rappelant qu’elle est quelque peu arbitraire et que les âges indiqués ne sont qu’approximatifs.


La premiere enfance (de 0 à 3 ans). Dès les premiers jours de son existence l’enfant exprime quelques émotions : plaisir, déplaisir, désir, crainte.

La peur se manifeste très tôt et accompagne les impressions nouvelles brusques et intenses qu’il importe d’éviter à l’enfant : bruits violents, secousses brusques. Plus tard la peur est provoquée par des impressions visuelles : visages ou êtres inconnus. Tout d’abord les peurs de l’enfant ne sont pas motivées, l’enfant ne connaît pas le danger. Ensuite ses craintes

deviennent plus motivées, l’imagination y joue un grand rôle.

L’éducateur doit s’efforcer de corriger les enfants de ce sentiment. D’abord ils ne le provoqueront pas eux-mêmes, donc pas de menaces, pas de violences, pas de railleries, pas de contes fantastiques ou d’histoires dramatiques. Ensuite par leur exemple, leur appel à la confiance, une action lente, méthodique, progressive pour les habituer à l’obscurité, aux bruits, par la suggestion, ils s’efforcent de guérir l’enfant et de le persuader qu’il n’est pas peureux.

Il en est de la peur comme de la colère, elle dépend en une certaine mesure des conditions physiques et il convient de s’attaquer à toutes ses causes ; il faut donc, lorsque besoin est, rendre l’enfant plus fort, mieux portant, plus souple soit par l’alimentation, soit par des exercices de gymnastique et des jeux de plus en plus violents, soit au besoin grâce à des médicaments fortifiants et toniques du système nerveux.

Certains enfants sont tout à la fois timides et peureux ; mais la vraie timidité est distincte de la peur et s’observe beaucoup plus chez les adolescents que chez les enfants. Dans la plupart des cas elle est le fruit d’une éducation trop sévère qui n’a pas permis le développement normal de la personnalité enfantine.

La colère ne se manifeste d’ordinaire que vers deux ou trois mois, elle est généralement brève et intense ; l’enfant trépigne, crie, frappe du pied, se roule par terre, veut donner des coups, etc… La colère dépend de la nervosité, de l’état atmosphérique, elle est souvent provoquée par les gronderies, les emportements des éducateurs (parents et maîtres) ou leurs faiblesses…

La guérison de la colère s’obtient en s’attaquant aux causes de la colère qui proviennent de l’enfant lui-même ou de l’extérieur.

En ce qui concerne l’enfant lui-même, il convient de distinguer les enfants neurasthéniques, de santé délicate aisément irritables, des enfants vigoureux, hyper-sthéniques. Les premiers ont avant tout besoin d’un régime fortifiant qui les guérisse de leur débilité, il leur faut des aliments riches en principes nutritifs mais non excitants, au besoin un peu d’huile de foie de morue l’hiver et des préparations phosphatées l’été ; il convient aussi de les habituer à mener une vie bien régulière : coucher et lever aux mêmes heures, etc… Les seconds ont besoin d’une alimentation moins tonique, plus végétarienne, d’une vie active au grand air ; des bains et l’emploi de certains médicaments (bromure de potassium, etc…) peut être utile.

Beaucoup d’enfants colères de cette dernière catégorie doivent leur tempérament à l’alcoolisme des parents.

En ce qui concerne l’influence du milieu, il est évident qu’il importe d’abord d’éviter les motifs de crise, de faire preuve d’un grand calme. Non seulement l’adulte ne doit pas donner l’exemple de la colère, mais il doit conserver son calme lors de la colère enfantine, en évitant tout ce qui pourrait entretenir la crise : ironie, punition (dans la mesure du possible et en tous cas jamais excessive mais toujours appliquée), coups, etc…

L’esprit de révolte qui est une des formes de la colère ne se manifeste d’ordinaire qu’après la première enfance ; il survient presque toujours chez l’enfant lorsque celui-ci constate qu’il va être, ou vient d’être, injustement puni. La bouderie est plus fréquente chez les jeunes, elle résulte des premières manifestations du sentiment de la personnalité en conflit avec la volonté d’un adulte. Il importe donc que les adultes évitent de tels conflits lorsqu’ils le peuvent et que, dans les cas où ils se produisent, ils fassent preuve de douceur, de patience et de fermeté.

Ce n’est que vers un mois et demi que l’enfant est capable de pleurer et ses premières larmes ne sont