Page:Fertiault - La Nuit du génie, 1835.djvu/16

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Porte fixe aux tisons son regard qui s’arrête
Et médite, pendant que ce feu sans vertu
Éclaire faiblement son visage abattu.
« Quoi ! faut-il, ô mon Dieu ! disait-il en lui-même,
(Si sa bouche est sans voix, son cœur n’est pas de même).
« Faut-il qu’en ce repos tu me laisses languir !
« Oh ! fais donc, si jamais ta main doit m’en sortir,
« Fais que ce soit bientôt ; je souffre trop dans l’ame.
« Ôte-lui ses liens, donne jour à sa flamme
« Ou bien fais-la mourir : je ne peux plus en moi
« Concentrer ces élans qui me viennent de toi.
« Ou, si j’exige trop, modère au moins ma peine.
« Fais briller à mes yeux une palme lointaine ;
« Dis-moi qu’après vingt ans ma main la saisira
« Et mon ame joyeuse alors se calmera.
« Oh ! sur mon front, brûlé de ton front qui rayonne,
« Si tu faisais passer l’ombre d’une couronne !
« Si j’entendais bruire, en mon sein agité,
« Ces promesses de gloire et d’immortalité !…
« Tiens, tu m’as fait des jours à passer sur la terre ;