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ÉPREUVES MATERNELLES

— Ma foi, je suis un peu de l’avis de votre domestique. Il y a des moments où je reconnais à Marie Podel une sorte de prestige qui me conduirait à la traiter en égale !

— Ah ! je suis contente ! s’écria Vincente, madame a cependant de l’expérience, et elle pense comme moi. Je vous dis que cette Marie a dû tenir un rang.

— Elle est simplement intelligente et pas vulgaire, de sorte qu’elle a pu s’assimiler rapidement des rudiments d’éducation.

Mme Rougeard sentait que la discussion pouvait être longue, sans apporter de lumière et elle brusqua l’entretien pour se retirer.

Elle n’était pas satisfaite. Elle pensait que son mari rirait quelque peu de ses démarches inutiles. Cependant, il lui restait encore la boulangère à questionner. Celle-là avait vu Marie en premier lieu et elle la connaissait peut-être de longue date. Elle allait bien voir !

Cependant ce qui ressortait de cette enquête, c’est que Mme Rougeard découvrait Marie sous un jour plus dramatique.

Si Mme Dutoit s’était inquiétée de cette fuite aussi soudaine qu’incompréhensible Mme Pradon, elle, avait eu nettement peur. Elle se montrait pourtant pleine de bon sens. Il fallait croire que Marie Podel l’avait bien épouvantée. L’habile servante faisait-elle partie de cette phalange horrible des ogresses ?

La pauvre Mme Rougeard était bien émue.

Elle arriva chez la boulangère et lui demanda :

— Vous avez employé une Marie Podel ?

— Oui, Madame.

— Pourriez-vous me renseigner sur elle ?

— Je puis vous garantir son honnêteté et son amabilité, c’est tout. D’où elle vient, je n’en sais rien, elle a acheté par hasard un pain chez moi et elle a entendu que j’avais besoin d’une vendeuse… Je ne l’ai gardée que trois semaines parce qu’elle remplaçait une mère de quatre enfants qui a repris son service. Mais il me manque quelqu’un et je la reprendrais bien.

— Elle est chez moi… et j’ai l’intention de la garder, j’en suis fort contente.

Mme Rougeard s’achemina vers le retour. Son mari