Page:Fiel - Autour d'un candidat, 1929.djvu/17

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
15
AUTOUR D’UN CANDIDAT

Cependant, elle ne prenait pas son parti de ne pas être secondée par son mari.

En vain Jeanne lui assurait-elle que cela n’avait aucune importance, Mme de Fèvres estimait que cette grande affaire eût été mieux menée avec cet appui masculin.

Marcel défendait M. de Fèvres qu’il trouvait excellent. Il était presque tenté de penser qu’il accomplissait de meilleure besogne avec son silence que la châtelaine avec tout son tapage, mais ces réflexions-là, il les gardait pour soi.

Sa mère et lui connaissaient les de Fèvres depuis toujours. À Paris, ils ne se voyaient pas beaucoup parce que le temps va vite.

Il n’avait aucune affection particulière pour les châtelains qu’il voyait avec plaisir et qu’il quittait sans peine.

Mme Gémy était plus flattée que son fils par toutes les adulations qu’on leur prodiguait. Bien qu’assez ambitieuse pour son enfant, elle affichait une résignation un peu ennuyeuse. Elle jouait à l’humilité, ce qui agaçait Marcel qui était franc et digne. Il aimait sa mère et s’interdisait de la juger, mais il lui venait que par moments, elle eût pu prendre un maintien moins gémissant. Évidemment, elle subissait l’influence de son nom.

Mme de Fèvres la réconfortait sans arrêt en lui assurant que le jeune homme réussirait. Mme Gémy ne trahissait pas sa joie d’entendre ces affirmations répétées et elle s’enfermait dans un pessimisme voulu qui eût été déprimant à la longue.

Jeanne, malgré sa bonté, ne pouvait supporter cette manière de faire, et dans une fran-