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AUTOUR D’UN CANDIDAT

À cette pensée, la gaieté d’Isabelle redoubla et elle fit un signe négatif.

— Alors, poursuivit d’un ton aigre Mme Lydin, que faisait-il, la main sur son cœur ?

— Il jouait une comédie… ah ! nous avons bien ri !

— Oh ! ce rire qui m’exaspère !… s’écria la mère courroucée… Jamais tu ne comprendras le sérieux de la vie… jamais !… Tu as une occasion de devenir femme d’un sénateur, peut-être, et il faut que tu gâches tout par ce rire idiot qui te ridera avant l’âge !… Et te crois-tu spirituelle ?… C’est pour t’éviter une réponse, n’est-ce pas ? Cela t’est plus commode que de chercher une parole d’esprit… Tu ne penses donc pas que cela t’enlaidit ?… Cette grande bouche qui s’ouvre, ces yeux qui se plissent !… Non… tu es par trop simple… Tu ne sauras jamais te créer une existence intéressante… Ah ! que les mères sont malheureuses !…

Isabelle subissait la mercuriale sans l’interrompre. Elle sentait combien sa mère était déçue, mais elle n’y pouvait rien changer.

Marcel, lui, ayant fini son temps de repos, s’acheminait vers le pays afin de voir le maire.

Sa matinée se passa dans différentes corvées où il affermissait ses principes dans des paroles pleines de sagesse. On l’écoutait avec respect, on l’accueillait avec sympathie. On lui demandait conseil pour cent choses diverses, et il essayait de contenter chacun.

Il revint au château où Mme de Fèvres, de son côté, avait « travaillé » de son mieux.

Jeanne, paisible, continuait la propagande