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AUTOUR D’UN CANDIDAT

en secourant ses malades et en démontrant aux uns et aux autres qu’il fallait s’entr’aider.

On se retrouva pour le déjeuner. Tout le monde était gai, sauf Mme Lydin qui persistait à croire qu’Isabelle avait négligé une occasion qui ne reviendrait plus. Sûre de la victoire de Marcel, elle estimait qu’il fallait être aimable avec lui avant l’élection.

Elle dissimulait mal son mécontentement et se plaignait de migraine afin qu’on lui pardonnât son humeur sombre.

L’après-midi, chacun s’en alla de son côté, et Louise, qui voulait faire un bouquet pour l’église, se dirigea vers le jardin où des planches de fleurs s’alignaient à cet effet.

Sa moisson terminée, elle se dirigea vers une petite serre munie d’une table et de divers instruments pour couper, rogner et ficeler les gerbes. Elle y trouva Marcel venant de rapporter un sécateur.

La pauvre Louise pensa tout de suite aux espoirs de sa mère. Il fallait essayer de savoir ce que pensait ce candidat afin d’être tranquille.

C’était lourd pour sa timidité.

Elle dit donc avec assez de difficulté :

— Bonjour, Monsieur Marcel…

Elle s’arrêta, s’accusant d’avoir mis dans cette phrase un accent provocant.

Marcel lui répondit par jeu dans le ton bas qu’elle avait pris. Après cet échange de salutations, Louise ne sut plus que raconter, mais, s’exhortant au courage, elle recommença :

— Bonjour, Monsieur Marcel…

Le jeune homme la regarda, ne sachant pas d’où venait cette gêne. Louise, d’ordinaire, était