Page:Fiel - Le fils du banquier, 1931.djvu/89

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Elle germait en moi, cette façon, mais Manaut m’a prouvé qu’elle pouvait devenir une réalité. J’ai pensé : un homme peut être poli, pourquoi pas tous ?

— J’ai eu tort d’inviter Manaut, murmura rêveusement le père…

— C’est un bien, au contraire, petit papa… Il faut de temps à autre que nous approchions ceux qui sont bien élevés afin d’adoucir les angles trop aigus que donnent la médiocrité, le labeur sans arrêt, la lassitude jamais interrompue… La visite de Manaut m’a été salutaire… Sais-tu que je n’avais jamais entendu parler un homme du monde ? Il ne s’agit pas de façonner Plit sur ce modèle, ce qui serait prétentieux, mais je tenterai de le policer un peu… Je ne veux pas souffrir plus tard… Je reste convaincue qu’on est l’artisan de son sort, en grande partie…

— Tu as toujours raison, ma petite fille, mais ne prends pas Plit trop rudement…

— N’aie pas peur, papa chéri… Je suis fille de patron et je sais qu’il faut toujours sourire aux clients…