Page:Fiel - Le fils du banquier, 1931.djvu/90

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CHAPITRE X


Plit se rendait à l’évidence : il fallait de toute nécessité qu’il s’améliorât. Mathilde ne consentirait à devenir sa femme que s’il se montrait fils affectueux et fiancé prévenant.

Si le jeune homme était rempli de bonne volonté, il ne savait pas trop comment devenir l’être idéal qui réaliserait son rêve.

Il se confirma dans la pensée que fréquenter Gérard Manaut lui serait utile, et de désagréable qu’il s’était montré envers lui il se montra plus cordial et bon camarade.

Gérard accepta sans comprendre ce changement d’attitude.

Plit, un soir, l’invita même à passer la soirée chez lui, en famille, sous prétexte de lui faire admirer un ouvrage d’art.

Gérard n’osa refuser, bien qu’il fût désolé de laisser son père seul ; mais M. Manaut ne trouvait plus le temps long.

Il posait le pied par terre, maintenant, et il essayait quelques pas, sans vouloir le dire à son fils pour lui ménager une surprise. Son activité cérébrale redoublait, et il voyait arriver le moment où il reprendrait les affaires.

Quand Gérard lui annonça que son camarade Plit désirait qu’il allât passer la soirée chez lui le lendemain, son père lui conseilla de ne pas refuser.

— Tu le contrarierais vivement… Il faut te montrer bon compagnon.

— Que feras-tu de ta soirée, tout seul, mon cher papa ?… Tu es déjà si peu gâté dans la journée…

— Oh ! j’ai de quoi m’occuper… J’ai une correspondance fort intéressante… J’ai reçu le rapport des mines et je pressens que le mal est moins profond qu’on ne l’avait cru tout d’abord. L’exploitation reprendra, mais, dame !… il faut de nouveaux capitaux… Si les actionnaires ne s’étaient pas sottement affolés, nous n’en serions pas là ! Enfin, ce qui est fait est fait. J’irai là-bas, s’il le faut. Ce sera l’affaire de deux ou trois ans pour remettre tout en état.

— C’est merveilleux ! dit Gérard… Est-ce assez ennuyeux que l’on ait obéi à cette panique !…

— Ah ! quand un mauvais mot est lancé, il vole pour provoquer une débâcle… Mes clients ne m’ont pas fait crédit !… Il fallait tout rembourser sur l’heure… Oh ! on était poli…, et j’essayais d’avoir le sourire, même quand partaient un à un les objets accumulés par les ancêtres, heureusement, d’ailleurs !…