Page:Fierens-Gevaert, La renaissance septentrionale - 1905.djvu/17

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


désigne la généralité des artistes des Pays-Bas. Courajod s’appuyait donc sur une tradition séculaire ; il n’y avait aucun mal à ce qu’il appelât flamands les maîtres des Pays-Bas. Au XVIIe siècle s’établit définitivement la distinction entre l’école flamande et l’école hollandaise ; mais encore par flamands on entend les Flamands des Flandres, du Brabant, plus les Wallons. Faut-il donc rejeter le mot, le remplacer ? Oui et non. Il en est de

Enlèvement de sainte Marguerite par le gouverneur Olybrius
Fresque de la Cathédrale de Tournai, XIIe siècle (D’après une copie à l’aquarelle de M. Tulpinck)

lui comme du mot gothique ; le sens actuel ne répond point au sens originaire ; mais un long usage a consacré l’expression devenue claire et vivante pour tous. Quand Courajod parle de l’influence flamande à propos de maîtres comme Jehan de Liège, Jean-Pépin de Huy, nous savons ce qu’il veut dire ; sa démonstration n’en est point affaiblie. Les Flamands, pour lui, viennent des provinces qui constituent la Belgique et la Hollande actuelles ; ce sont des Belges et des Hollandais ; il les rassemble au XIVe siècle ; il n’aurait point manqué de les distinguer au XVIIe. Nous maintiendrons aussi dans une large mesure ce terme de flamand. Mais nous saurons éventuellement établir une distinction entre les Flamands brugeois, anversois, bruxellois, les séparer s’il le faut des maîtres wallons et des maîtres hollandais, et nous ne craindrons pas, à l’occasion, d’appliquer notre nouveau nom de famille : belge, aux maîtres nés sur notre sol.