Page:Fierens-Gevaert, La renaissance septentrionale - 1905.djvu/249

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— 197 — cœur à leur chaut, un huitième, plus jeune, montre* dans le fond un profil distrait par le souvenir de quelque jeu céleste. La richesse des accessoires tient ici du rêve. Les chapes en velours d’Italie sont historiées de larges orfrois, galonnées de parements où se dessinent des figures de saints, des têtes de Christ, des rinceaux brodés. Deux billes de chape retien- nent l’attention, l’une surtout, circu- laire, en métal, avec la statuette d'un saint qui ouvre un diptyque sur ses genoux. Des bandeaux de vermeil avec cabochons, perles et croix, cei- gnent les fronts angéliques et les chevelures qui sont d'un roux d’or. Le lutrin est d'un exceptionnel intérêt dans l'histoire de la hucherie reli- gieuse; le pupitre pivote sur un coude de cuivre et le bahut inférieur — « où repose un de ces grands livres » de musique, dont les bibliothèques » de Vienne et de Bruxelles reçurent » des cours bourguignonnes -néer- » landaises le somptueux héritage ( 1 ) » — e st lambrequiné d’un saint Michel ravissant qui terrasse le dragon et qui rappelle le saint Georges de l’autel portatif de Dresde. Les petits carreaux « peints et jolis » étalent sur le sol l’image de l’Agneau avec la banderole traditionnelle et sont décorés de belles lettres ornemen- tales « AG LA... ATLA.. . » L’œil ris- quait de s’égarer dans ce luxe ; le peintre ne l’a pas voulu. L’ange du premier plan bat la mesure, ou vient Photo Hanfstaengl Hurert et Jean Van Eyck Saint Christophe et les Pèlerins Volet du Retable de l’Agneau Musée de Perlin . (1 ) Ambros. op. cit.