Page:Fierens-Gevaert, La renaissance septentrionale - 1905.djvu/91

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tard Michel Colombe saluait encore en lui « le souverain tailleur d’images. »

Le Puits des Prophètes suffirait à lui valoir cette admiration. L’œuvre



Claes Sluter
La Vierge et l’Enfant Jésus
Portail de l’église de la Chartreuse de Champmol
était connue jadis sous le nom de « Grant Groix du Cloistre » ou Calvaire de Sluter. Le puits proprement dit « alimenté par une source qui jaillit presque à fleur de terre, »[1] fut creusé en 1395 et englobé dans le grand cloître des Chartreux de Champmol. Au milieu de l’eau fut élevé un pilier de pierres dont les six faces montrent les six prophètes qui annoncèrent le Christ dans l’Ancien Testament. Ces figures, de grandeur naturelle, sont séparées par de minces colonnettes que surmontent des anges de douleur. Ce qui reste aujourd’hui de l’œuvre n’était dans l’ensemble du monument qu’un piédestal grandiose. Sur leurs ailes éployées, les anges supportent en effet une large corniche bordant une plate-forme où se dressait autrefois un Calvaire qui a disparu. La plate-forme était recouverte d’un talus en rocaille, figurant le sol. La croix moulurée se terminait par des amortissements en forme de chapiteaux, écussonnés des armes de Bourgogne et de Flandre. Le Christ, les pieds percés d’un seul clou, le titulus au-dessus de la tête, les bras étendus sur la croix était entouré de la Vierge, debout regardant son fils, de saint Jean et de la Madeleine.[2] Ce Calvaire dont l’exécution et le montage occupèrent d’abord Sluter, a disparu, et il n’en

  1. Courajod : V. II. p. 358.
  2. Kleinclausz : Art. cit. Revue de l'Art. Avril 1905. p. 313.