Page:Figuier - Les Merveilles de la science, 1867 - 1891, Tome 1.djvu/496

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enduit d’un vernis de gomme-laque, qui doit empêcher l’humidité atmosphérique de se déposer sur le verre. Ce disque d’un diamètre de 35 à 45 centimètres, est percé de deux ouvertures, ou fenêtres, symétriques, de 10 centimètres de largeur. Aux bords de ces fenêtres sont collées quatre bandes de papier, qui jouent le rôle d’armatures, deux d’un côté et deux de l’autre côté du verre. De chaque armature, une pointe de papier s’avance jusque vers le milieu de la fenêtre. M. Holtz appelle un élément l’ensemble d’une fenêtre et d’une armature ; on peut construire des disques à deux ou à quatre éléments. Ce disque est maintenu dans une position fixe par quatre anneaux ab, qui glissent sur deux barres horizontales en caoutchouc durci ou en verre.

En avant de ce disque immobile, est disposé un autre disque en verre B, également verni. Il est un peu plus petit que le premier disque, qui le dépasse de quelques centimètres et il n’est point percé de fenêtre. On lui imprime un mouvement de rotation plus ou moins rapide, au moyen de l’axe horizontal qui le porte et qui est relié par une courroie, à une poulie C et à une manivelle D. La distance laissée entre le disque tournant et le disque immobile est de 3 à 4 millimètres.

L’appareil se complète par deux peignes métalliques E, placés en avant et très-près du disque tournant, aux extrémités de deux tiges horizontales qui se terminent, à l’autre bout, par un fil conducteur, ou bien, comme le montre la figure, par des tiges transversales munies de boutons et de manches isolants F. C’est entre ces boutons que jaillit l’étincelle.

Il suffit maintenant d’approcher de l’une des armatures, une source quelconque d’électricité, par exemple une petite plaque de caoutchouc dur préalablement frottée avec une peau de chat, et de faire en même temps tourner la manivelle, pour que les armatures ou éléments se chargent immédiatement d’électricité par influence. L’une des deux armatures s’électrise toujours positivement, l’autre négativement ; toutes deux jouent le rôle de conducteurs. Sans les armatures, on n’obtient pas d’étincelles, tandis qu’avec elles l’étincelle se produit facilement et peut avoir jusqu’à 10 centimètres de longueur.

La nouvelle machine fournit avec très-peu d’effort, une quantité extraordinaire d’électricité de tension, et on peut s’en servir pour la production d’une foule de phénomènes intéressants. Ainsi, le courant qu’elle fait naître dans un fil conducteur, suffit pour donner une commotion sensible sans qu’on ait besoin d’une bouteille de Leyde. Dirigé directement sur la peau, il cause une sensation qui ressemble à celle d’une piqûre ou d’une brûlure.

Ce qui fait l’originalité de la machine de M. Holtz, c’est qu’elle a besoin d’être amorcée par une faible source d’électricité, et qu’elle fonctionne sans frottement, à moins qu’on ne veuille admettre que c’est la couche d’air entre les deux disques qui agit comme frottoir.

Voilà tout ce qu’on peut dire de précis sur l’origine de l’électricité fournie par la nouvelle machine.

Dans la Notice qui va suivre, et qui est consacrée au paratonnerre, nous allons reprendre la suite des découvertes des physiciens du siècle dernier, relatives à l’électricité et à ses effets.

fin de la machine électrique.