Page:Figuier - Les Merveilles de la science, 1867 - 1891, Tome 3.djvu/120

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CHAPITRE XVI

appareil photographique portatif de m. dubroni. — les photographies magiques.

Nous terminerons cet exposé des procédés de la photographie, en parlant des appareils portatifs de M. Dubroni, qui permettent de faire des épreuves photographiques sans aucun cabinet noir, c’est-à-dire dans une chambre ou dans un salon. Un grand nombre de personnes désireuses de pratiquer elles-mêmes la photographie, à titre de distraction, n’avaient pu y parvenir à cause du nombreux matériel et de l’aménagement tout particulier qu’exige un laboratoire. Il était donc à désirer qu’on imaginât un appareil qui fût à la portée de tout le monde, tant par la simplicité que par le bas prix.

Un jeune ingénieur, élève de l’École polytechnique, et qui cache, sous l’anagramme de Dubroni, le nom de Bourdin, honorablement connu dans le commerce de la librairie, a résolu ce problème. Aujourd’hui, dans une boîte de 23 centimètres de long sur 20 de large, légère, et qui ne tient pas plus de place qu’un Dictionnaire des adresses de Didot, on emporte avec soi son laboratoire, ses produits, sa chambre noire et son objectif.

M. Dubroni, appliquant les propriétés qu’a le verre coloré en brun jaunâtre, d’empêcher le passage des rayons chimiques de la lumière, qui agissent seuls sur la plaque sensibilisée, a fait souffler, avec ce verre, de petites bouteilles de 10 centimètres de diamètre environ. Il renferme une de ces bouteilles de verre jaune dans une boîte en bois, de forme rectangulaire, dans laquelle on a pratiqué un trou, à la partie antérieure et un autre à la partie supérieure. Le premier orifice est destiné à recevoir l’objectif, le second, c’est-à-dire celui qui est placé au haut de la boîte, doit permettre l’introduction des liquides dans la bouteille de verre jaune.

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Fig. 68. — Appareil photographique portatif.

Cette dernière porte aussi deux trous circulaires, correspondant à ceux de la boîte, et, de plus, sa paroi postérieure est complètement enlevée, de façon qu’on peut la remplacer, soit par une plaque de verre dépoli pour la mise au point, soit par la glace sensibilisée, sur laquelle doit se former l’image négative. La boîte contient, en outre, un flacon d’alcool, un autre flacon renfermant du collodion préparé à l’iodure de cadmium ; un troisième contient une solution de nitrate d’argent, le quatrième du sulfate de fer, le cinquième des cristaux d’hyposulfite de soude, le sixième du vernis. Dans la boîte se rangent encore, un petit blaireau pour épousseter les plaques nettoyées à l’alcool, — une plaque de verre dépoli pour prendre le point, — une petite presse pour tirer les épreuves. Dans le couvercle s’ouvre un portefeuille où s’entassent une provision de papier non collé, pour dessécher les épreuves tirées, et du papier blanc mince et non collé pour les différents nettoyages. — Un compartiment renferme un petit cône en bois qui se visse dans une petite planchette de bois à rainures ; on met ce cône de bois dans le premier chandelier venu, qui sert alors de pied au petit appareil que l’on pose sur la planchette.

Voici comment on procède à l’opération.