Page:Figuier - Les Merveilles de la science, 1867 - 1891, Tome 3.djvu/206

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par des prismes fixes, le grossissement est le résultat de l’adaptation des lentilles que l’on peut, au moyen d’un écrou, faire avancer ou reculer, afin de l’adapter à toutes les vues, et de rendre les effets stéréoscopiques plus saillants.

Il ne suffisait pas de neutraliser la myopie et la presbytie, il fallait encore, et c’était là le plus difficile, remédier au strabisme, convergent ou divergent. M. Duboscq a résolu la question en modifiant l’angle réfringent du prisme, au moyen d’une autre paire de prismes que l’on fait mouvoir par un écrou semblable à celui dont on se sert pour mobiliser les lentilles.

Stéréoscope Elliot. — En louchant d’une façon convenable, on peut arriver à superposer deux images, quelle que soit leur grandeur, pourvu que ces images soient placées l’une à côté de l’autre verticalement et devant soi. Mais ce genre d’exercice n’est pas à la portée de toutes les vues, et il n’est pas sans danger pour les yeux. Le stéréoscope à miroirs de M. Wheatstone peut bien produire le relief de grandes images ; mais comme les images doivent être placées face à face, il faut les écarter beaucoup quand elles sont d’une grande dimension, ce qui offre de grandes difficultés avec cet instrument. Il faut alors, ou les suspendre aux murs de la salle et s’exposer aux inconvénients d’un éclairage inégal ; ou, quand l’espace qui les sépare n’est pas convenable, faire construire des supports pour chacune des épreuves. Le parallélisme est en outre assez difficile à obtenir. Enfin, si la distance du miroir aux images n’est pas égale de chaque côté, les images n’étant plus symétriques, il en résulte de la confusion.

C’est pour obvier à tous ces inconvénients que M. Elliot construisit son stéréoscope. Dans sa forme la plus simple, cet instrument se compose d’un cadre de bois semblable à une boîte ouverte par le fond. Deux côtés de cette boîte sont fermés ; une autre extrémité présente deux ouvertures percées de manière à permettre l’application des yeux. Les deux autres côtés de la boîte sont rentrants en dedans, de sorte que le côté droit cache à l’œil droit l’une des deux images, et réciproquement pour le côté gauche ; de telle façon que chaque œil ne puisse voir que l’image qui lui est opposée, c’est-à-dire l’œil gauche l’image droite, et l’œil droit l’image gauche. Au moyen d’un morceau de carton, ou d’une coulisse en bois verticale, on diminue l’ouverture de façon à ne laisser apercevoir que la largeur des images. Cela fait, les deux images ressortent entre l’œil et les dessins comme un paysage en miniature.

Télestéréoscope. — Un physicien allemand, M. Helmholtz, a fait connaître un autre moyen de réaliser l’effet du relief sur des objets placés à une grande distance dans un paysage naturel. L’instrument qui permet d’obtenir cet effet a reçu de l’auteur le nom de télestéréoscope, c’est-à-dire stéréoscope du lointain. Voici, d’après le Cosmos, les principes sur lesquels repose cet instrument, que chaque amateur peut construire lui-même, et qui devient une sorte de meuble pour les salons des maisons de campagne qui jouissent d’une vue lointaine et d’un espace vide laissant apercevoir une certaine étendue.

Dans un paysage, les objets très-éloignés et placés sur les derniers plans de l’horizon, ne s’aperçoivent qu’avec très-peu de relief, et ne produisent que fort peu d’effet, parce que la distance entre nos deux yeux est trop petite pour que l’on ait la sensation parfaite du relief. Le physicien allemand s’est proposé d’obtenir, dans la vision d’un paysage, sans le secours de doubles images prises à l’avance par la photographie, l’effet de relief que le stéréoscope produisait seul jusqu’ici.

« M. Helmholtz, dit le Cosmos, prend une planche longue d’environ 1m,50, et il la place en travers. Aux extrémités de cette planche, et perpendiculairement à sa surface, il dresse deux miroirs formant, avec l’axe ou la ligne médiane de la planche, des angles de 45 degrés. Au milieu de cette même