Page:Figuier - Les Merveilles de la science, 1867 - 1891, Tome 3.djvu/277

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Robins, célèbre artilleur du xviie siècle, qui estimait à 1 000 atmosphères seulement la tension des gaz de la poudre, et celle de Rumford, qui fixe cette tension à 29 000 atmosphères. Dans l’énorme écart de ces deux chiffres viennent se placer les résultats obtenus par un grand nombre d’autres expérimentateurs.

Au fond, il est assez indifférent de connaître la tension exacte, la force absolue des produits gazeux d’une charge de poudre. Ce qu’il faut savoir, c’est l’effet qu’elle peut produire sur le projectile employé dans une arme usuelle. On a construit et mis en usage plusieurs instruments pour évaluer la force des différentes poudres. Nous ne décrirons que le mortier éprouvette et le fusil-pendule.

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Fig. 163. — Mortier-éprouvette.

Le mortier-éprouvette, figure 163, est un mortier d’artillerie fondu d’une seule pièce avec son socle. Sa chambre est très-petite et son projectile très-gros. Quand le socle est disposé sur un plan horizontal, le mortier est pointé à l’angle de 45°, celui qui donne l’écartement le plus grand des branches de la parabole décrite, par le projectile, et qui par conséquent donne la plus longue portée. On remplit la chambre de la poudre à expérimenter, et d’un boulet de bronze de dimensions rigoureusement établies. On fait partir la pièce, et la distance plus ou moins considérable à laquelle elle lance le projectile, sert à marquer sa qualité.

Des formules théoriques comprenant le poids de la poudre, celui du projectile et les autres éléments de l’appareil, donnent la vitesse initiale et la vitesse moyenne du projectile. On en déduit l’action de la poudre expérimentée dans d’autres armes.

Mais, si mathématiques que soient ces formules, elles ne donnent que des évaluations très-peu approchées, et peuvent induire en erreur sur la qualité d’une poudre destinée à une arme quelconque. Aussi les experts ne s’y fient-ils jamais entièrement. Pour avoir des résultats exacts, il faut expérimenter la poudre dans l’arme même à laquelle on la destine, et avec le projectile qui est en usage. C’est en partant de ce principe qu’on a construit le fusil-pendule.

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Fig. 164. — Le fusil-pendule.

Le fusil-pendule (fig. 164) se compose de deux appareils distincts, l’un comprenant le canon de fusil AB et le pendule C qui le supporte, l’autre le récepteur E, cône évidé et rempli de plomb, destiné à recevoir le choc de la balle, et qui est également suspendu à un pendule F. Chacun des pendules déplace