Page:Figuier - Les Merveilles de la science, 1867 - 1891, Tome 3.djvu/743

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transporter dans une petite corbeille de la forme que représente la Figure 606.

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Fig. 605. — Crochet pour détacher les Moules.
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Fig. 606. — Panier pour la récolte des Moules.

Les Moules séjournent dans le deuxième bouchot jusqu’à ce qu’elles aient atteint la taille marchande, ce qui arrive ordinairement après dix ou onze mois de culture.

Mais avant de les livrer à la consommation, et afin de créer des places sur les palissades intermédiaires, on leur fait subir un troisième et dernier transbordement. On ne craint plus alors de les abandonner plusieurs heures par jour au contact de l’air. Elles passent donc au quatrième et dernier étage des bouchots d’amont (fig. 607). On a ainsi les Moules sous la main, pour les besoins de la consommation ou de l’expédition.

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Fig. 607. — Pieux d’amont.

Grâce au système que nous venons d’indiquer, la reproduction, l’élevage, la récolte et la vente des Moules se font simultanément et sans interruption. C’est néanmoins depuis le mois de juillet jusqu’à celui de janvier, que ce commerce est le plus actif, et que la chair des Moules est le plus estimée. Depuis la fin de février jusqu’à la fin d’avril, les Moules sont laiteuses, c’est-à-dire dans l’époque d’incubation. Elles sont alors maigres et coriaces. Il faut remarquer, d’ailleurs, que celles qui habitent les rangs supérieurs des clayonnages sont d’un meilleur goût que celles des rangs intermédiaires ; et que celles-ci sont plus estimées encore que celles des rangs inférieurs, qui sont souillées de vase. Ces dernières sont cependant encore préférables aux Moules sauvages que l’on recueille en mer.

M. Coste, dans l’ouvrage qui nous a fourni les renseignements qui précèdent, donne quelques détails sur la vente et le commerce des Moules, ainsi obtenues par la culture artificielle, dans la baie de l’Aiguillon.

« Il s’agit de fournir de Moules les villages environnants, dit M. Coste, ou d’en approvisionner les villes les moins éloignées. Les boucholeurs amènent au rivage leurs açons remplis de moules. Là, leurs femmes s’emparent de la marchandise, la transportent d’abord dans les grottes creusées au bas de la falaise, où l’on a coutume de remiser les instruments de travail et les matériaux de construction. Elles l’arrangent, après l’avoir préalablement nettoyée, dans des mannequins et des paniers, chargent ces paniers et ces mannequins sur des chevaux ou sur des charrettes ; et puis, quelque temps qu’il fasse, elles partent la nuit, dirigeant le convoi vers le lieu de sa destination, et y arrivent toujours d’assez bonne heure pour l’ouverture du marché. Elles vont ainsi à la Rochelle, à Rochefort, Surgères, Saint-Jean-d’Angély, Angoulême, Niort, Poitiers, Tours, Angers, Saumur, etc. Cent quarante chevaux environ, et quatre-vingts-dix charrettes, faisant ensemble, dans ces diverses villes, plus de trente-trois mille voyages, sont employés annuellement à ce service.

« S’il s’agit au contraire d’une exportation à de plus grandes distances ou sur une plus grande échelle, quarante ou cinquante barques venues de