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CHAPITRE XIII

installation et fonctionnement des postes téléphoniques dans les villes. — les postes centraux. — développement rapide de la correspondance téléphonique en amérique et en europe.

Pour établir une correspondance téléphonique entre particuliers, on a créé, d’abord en Amérique, ensuite en Europe, un bureau central, auquel convergent tous les fils, et où des employés mettent en rapport les deux correspondants, en rattachant l’un à l’autre les fils des deux abonnés, sur la demande de l’un d’eux.

Pour faire comprendre le mécanisme de cette mutuelle mise en rapport, nous prendrons pour type le service téléphonique de Paris, un des plus sûrs et des mieux installés que l’on puisse citer.

Les fils téléphoniques destinés à transmettre les messages dans Paris sont réunis, au nombre de quatorze, de manière à former un câble, protégé par une enveloppe de plomb, et dont le diamètre extérieur est de 18 millimètres. Ils forment 7 lignes ; car, pour éviter les effets d’induction, la Société générale des téléphones n’emploie pas la terre comme conducteur de retour, ainsi qu’on le fait dans la télégraphie électrique. On a un fil de retour ; ce qui nécessite deux fils pour chaque ligne.

Chaque conducteur, considéré en lui-même, se compose de 3 fils de cuivre, d’un demi-millimètre de diamètre, qui sont tordus ensemble. Il est isolé par une couche de gutta-percha, de 3/10 de millimètre d’épaisseur, et présente une résistance électrique de 3 ohms par kilomètre.

En face de la maison de chaque abonné, deux des fils se séparent du gros câble, et pénètrent dans l’immeuble par le branchement d’égout.

La Société générale des téléphones a été, en effet, autorisée par la ville de Paris (facilité qui n’existe dans aucune autre capitale) à placer ses câbles à la voûte des égouts, sur une largeur de 30 centimètres. Dans ces conditions, il est possible de disposer, sur des supports à 3 crochets, 51 câbles représentant 357 lignes.

Le poste central du réseau de Paris est situé dans une maison de l’avenue de l’Opéra (n° 27). Les câbles sortent de l’égout par un soupirail percé dans la maçonnerie, et viennent, dans le sous-sol, s’épanouir sur des tableaux en bois, en formant des sortes de rosaces, qui permettent leur classement méthodique.

Chaque ligne, isolée de ses voisines, porte, sur un jeton d’ivoire, outre un numéro d’ordre, le nom de l’abonné qu’elle dessert.

Les câbles eux-mêmes sont numérotés, de façon que, en cas d’accident, le temps consacré aux recherches soit réduit au minimum.

Il y a ainsi 4 rosaces pour les abonnés, et 3 autres, plus petites, pour les lignes auxiliaires, qui réunissent directement le poste central aux divers bureaux de quartier.

Le sous-sol renferme encore les piles, destinées à produire le courant électrique nécessaire aux transmissions.

À la sortie des rosaces, les fils se rendent au rez-de-chaussée, où se trouvent les dames employées, qui doivent, grâce au commutateur, relier entre eux deux abonnés quelconques.

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Fig. 469. — Commutateur.

Les fils de chaque abonné viennent aboutir à un commutateur (fig. 469), composé de